Axe 1 – Dispositifs Performatifs : Agogique

Installation interactive, 2007
Samuel Bianchini
Grandes Galeries de l’École Régionale des Beaux-Arts de Rouen, mai – juin 2007

L’agogique une dimention partagée,
entre l’œuvre et le spectateur / performeur

Les installations interactives appellent le plus souvent une participation active du spectateur ce qui peut permettre de les qualifier de “dispositifs performatifs”, laissant ainsi envisager la performance autant du côté du public que de la scène. Comment considérer les pratiques des spectateurs dans leur qualité gestuelle même ? Comment travailler précisément sur cette dimension performative, alors que les pratiques corporelles ne cessent de se développer dans les industries multimédias, à l’instar des jeux vidéos qui entrent de plus en plus sur le terrain du sport ? Quelles seraient alors les propriétés, les dimensions corporelles à prendre en compte pour des dispositifs interactifs considérés du point de vue instrumental pour ne pas dire organologique ? Quelles sont les conditions à proposer pour permettre à des disciplines comme la danse contemporaine de composer avec de tels dispositifs ?

L’“agogique” est une notion clé utilisée aussi bien pour les œuvres que pour leur interprétation corporelle (en particulier dans le champ musical). C’est « ce qui caractérise une œuvre d’art se déroulant dans le temps, par son mouvement, et particulièrement par la rapidité ou la lenteur, ou les variations de vitesse » 1. C’est aussi ce qui, pour les instrumentistes, définit un geste, un mouvement corporel, un engagement : état de corps, vélocité, énergie, précision, …
Que ce soit pour un performeur professionnel ou pour un spectateur, cette proposition de recherche et création vise à mettre en œuvre et à définir davantage cette dimension singulière à la fois du côté du geste et du dispositif (variation de vitesse, de définition, d’éclairage, …).

1. Étienne Souriau (sous la dir. de Anne Souriau), Vocabulaire d’esthétique, Ed. PUF, Coll. “Quadrige”, Paris, 1990., article “agogique”, p. 65.

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